Silence du papillon vert sur la feuille d'amandier
Quand je me promène dans le jardin, je parle parfois. Je connais plein de gens qui parlent à leur chat, est-ce qu'il est plus débile de parler à une plante? Certains m'assurent que oui.
Je ne parle pas quand je photographie des éphémères. Je me tais consciencieusement, je ne respire plus, je ne bouge plus. C'est le silence le plus absolu auquel je peux me soumettre. Et j'appuie sur le clic de la photo. Souvent, même ce minuscule bruit - peut-on parler de minuscule pour un bruit! - suffit à faire partir mon silence emagasiné - et oui, je dis zut, de zut, de zut ou juste un peu plus -
Ici tout a bien marché. L'extraordinaire papillon vert est resté après plusieurs clichés. Peut-être était-il sourd et il vivait dans un monde de total silence. Peut-être avait-il trouvé que mon admiration silencieuse - humaine silencieuse, c'est-à-dire terriblement bruyante pour un animal ou un insecte - valait le respect.
Merci le beau papillon vert.
Article publié dans le cadre du "Thème de la semaine: le silence"